Sexualité des handicapés : Bachelot dit non aux "assistants sexuels"
Dessin de Nade : http://www.c5c6csex.com
Des assistants sexuels pour les personnes handicapés, Roselyne Bachelot n’en veut pas.
Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale s'est en effet déclarée le 6 janvier dernier "rigoureusement, formellement, totalement opposée" à cette idée.
Suite à plusieurs demandes formulées par des associations de Handicapés, un projet de loi devrait voir le jour concernant la création d'assistants à la sexualité pour les handicapés. Le problème se pose en apparence très simplement, même si les réponses, elles demeurent complexes & demandent réflexion, débat & décision. Même si cela n'arrange pas Mme Bachelot en charge du dossier,de trop nombreux handicapés ont une libido contrariée, voire frustrée par l'impossibilité d'avoir des rapports sexuels, ou pire d'avoir des comportements masturbatoires. Devant cette réalité irréfutable, & après la loi de 2005 qui a sorti les handicapés du néant dans lequel ils végétaient, il appartient de trouver une solution. La complexité du problème se pose dans les termes suivants : sachant que les handicapés ont besoin d'une sexualité, plusieurs responsables de centres ou institutions ont recours à des prostituées pour régler le problème, à l'heure actuelle, en toute illégalité. Quand il ne s'agit pas de professionnelles, ce sont les soignants, voire des membres de la famille qui "soulagent" le handicapé.
Les arguments qui s'opposent à cette proposition de loi sont très simples :une loi créant des assistants sexuels va créer une prostitution légale qui sera pour l'immense majorité, composée de femmes ! Plusieurs associations féministes ont ainsi réagi en ce sens.
Au lieu de prendre de la hauteur dans ce débat complexe, mais nécessaire pour les handicapés, Mme Bachelot s'est précipitée derrière les balustrades de l'hypocrisie en déclarant "qu'au nom du féminisme, elle ne pouvait cautionner une quelconque loi !". Au moins, avec Mme Bachelot, c'est clair, l'ensemble des handicapés & ceux qui travaillent avec eux, sont renvoyés dans leur anonymat, à gérer le problème, comme ils le peuvent, sans aucune base légale. C'est exactement comme si l'on traitait les toxicomanes en interdisant toute prise de médicament de substitution, parce que c'est aussi de la drogue ! Argument abject, scandaleux & méprisant pour les handicapés.
Il convient, bien au contraire, de réunir l'ensemble des professionnels, des associations de handicapés, des familles de handicapés, pour trouver une solution pérenne, sereine, qui permette aux handicapés de sortir de la frustration, sans pour autant dénigrer le moins du monde le droit des femmes. Cette solution a été trouvée dans plusieurs pays étrangers, dont la Suisse ou la Danemark. Il n'existe à priori pas de raison que la France ne soit pas capable de trouver une base légale. À moins qu'une ministre à courte vue, préfère l'hypocrisie, le pseudo-féminisme de façade, empreint de religiosité à peine voilée, pour rejeter le problème aux oubliettes !
C'est à ce genre de problème que le l'on voit la stature politique du personnel ! En son temps, Simone Weil a enduré le courage de se faire insulter pour légaliser le droit à la contraception, le droit à l'avortement, permettant l'émancipation de la femme. Les handicapés n'ont pas leur Mme Weil, c'est bien regrettable !
sources : http://thalasrum.over-blog.com ; http://www.la-blonde-qui-derange.com